C’est quoi au juste le désinvestissement et pourquoi je devrais m’en préoccuper?

The uOttawa chimney during a high smog alert day

Les preuves du lien entre le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre sont multiples et bien répandues dans la communauté scientifique. Tandis que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir au Canada et à travers le monde (sous la forme de problèmes environnementaux tels que le réchauffement des océans, des niveaux océaniques plus élevés, la désertification et des phénomènes météorologiques plus sévères, parmi plusieurs autres) il y a beaucoup de résistance à réduire nos émissions.

Depuis la Marche Climatique du Peuple à New York, il y a beaucoup de discussions autour du mouvement de désinvestissement. C’est quoi au juste et qu’est-ce que ça veut dire pour une institution comme une université? Pensez au désinvestissement comme l’inverse d’un investissement, ou le retrait des fonds d’un portfolio financier (tel l’argent investi dans des compagnies minières et pétrolières).

Un des arguments pour le désinvestissement est le concept de la bulle de carbone. La communauté scientifique supporte qu’une hausse de 2°C  de la surface de la terre entrainerait un degré dangereux de changements climatiques. Selon le rapport du groupe Sans Fossiles d'uOttawa, il y a une réserve mondiale de carburants fossiles de 2795 gigatonnes. Le seuil de température sera atteint si nous brûlons que 565 gigatonnes de carburants fossiles. Ceci est alarmant lorsque nous considérons que nous sommes présentement en train de détruire les plus grands réservoirs de carbone du monde, telles les forêts qui transforment ce CO2 en oxygène.

Présentement, notre modèle économique ne considère pas des facteurs tels les désastres causés par les changements climatiques. La théorie de la bulle de carbone stipule que lorsque nous aurons finalement atteint le point où les changements climatiques ne peuvent plus être ignorés, ceci mènera à un krach du marché (ou l’éclatement de la bulle). En d’autres mots, nos investissements actuels dans les compagnies pétrolières ne seraient pas économiquement viables dans l’avenir.

Ouf! Ceci me semble terrible, pourquoi n’avons-nous pas déjà désinvesti?! Bien, lorsque nous parlons d’énormes sommes d’argents, tels des fonds de pensions (qui assurent la sécurité financière de notre avenir), LE CHANGEMENT PEUT ÊTRE TRÈS ÉPEURANT! Il y a des investissements alternatifs éthiques, ou socialement responsables, mais souvent en finances, le profit prend priorité sur l’éthique.

«Si vous buvez de l’eau et respirez de l’air, ce mouvement vous concerne.»
Le désinvestissement n’est pas seulement une affaire économique. À sa base, le mouvement de désinvestissement Sans Fossiles est une position sociale contre les grandes entreprises qui sont responsables pour la destruction massive de l'environnement. «On ne peut pas boire du pétrole et on ne peut pas manger de l’argent.» - Crystal Lameman, activiste environnementale aborigène.

Au Canada, plus de 30 universités ont lancé des campagnes, dont la campagne Sans Fossiles d’uOttawa! Pour en apprendre davantage sur la campagne ou pour lire leur rapport, veuillez consulter leur site web [EN]. N’oubliez pas que vous pouvez démontrer votre support en signant leur pétition en ligne!

Peu importe si vous êtes d’accord avec le mouvement de désinvestissement, il fournit une excellente plateforme pour ouvrir une discussion concernant notre dépendance sur les combustibles fossiles. Plusieurs de nos activités de tous les jours en dépendent (notre transport, notre énergie, nos textiles, notre nourriture, etc.) et les carburants fossiles ont même permis certaines innovations humaines (telle la création de plastique).

Par contre, il y a un besoin de gérer ces ressources de manière durable et même d’en réduire notre dépendance. Une façon d’y arriver serait de pousser pour une diversification de nos choix énergétiques et de nos portfolios financiers.

Qu’en pensez-vous? Partager votre opinion avec nous!

~ alice - coordonatrice de sensibilisation et d'engagement

0 comments: